Le tiers payant chez l'opticien
Repartir avec ses lunettes sans avancer l'argent : ce qui est garanti, ce qui dépend de votre mutuelle, et ce qu'il faut apporter au magasin.
Rédigé et validé par un opticien optométriste en exercice, diplômé d'un master en sciences de la vision. Mise à jour le . Notre méthode
Le tiers payant, c'est quoi exactement ?
C'est le fait de ne pas avancer l'argent. Vous repartez avec vos lunettes sans les payer — ou en ne payant qu'une partie — et l'opticien se fait régler directement par l'Assurance maladie et votre complémentaire.
Sans tiers payant, vous réglez la totalité, puis vous attendez d'être remboursé. Sur un équipement à 300 ou 400 €, la différence n'est pas mince : c'est souvent elle qui décide du moment où l'on change de lunettes.
Deux parts, deux mécanismes
Une facture d'optique se règle à deux guichets, et le tiers payant peut ne concerner que l'un des deux.
- La part de l'Assurance maladie. Sur l'optique, elle est très faible hors 100 % Santé — quelques euros sur une monture. Le tiers payant sur cette part seule ne change donc presque rien à ce que vous sortez de votre poche.
- La part de votre complémentaire. C'est celle qui compte, et de loin. Elle suppose que votre opticien soit en relation avec votre mutuelle ou son réseau de soins — Santéclair, Itelis, Kalixia, Carte Blanche et les autres.
On parle de tiers payant intégral quand les deux sont pris en charge et que vous ne réglez rien, et de tiers payant partiel quand il reste un montant à votre charge au comptoir.
Le cas du 100 % Santé : vous n'avancez rien
C'est le point le plus utile à connaître. Depuis le 1er janvier 2022, si vous choisissez un équipement du panier 100 % Santé et que votre complémentaire est un contrat dit « responsable » — c'est le cas de l'immense majorité des contrats —, la dispense d'avance de frais vous est garantie sur la totalité du reste à charge.
Autrement dit : sur ces montures et ces verres, vous ne payez rien, chez n'importe quel opticien, sans avoir à négocier. Et tout opticien doit vous proposer cette offre et la faire figurer sur le devis — voir prix et remboursement des lunettes.
Pourquoi tous les opticiens ne le pratiquent pas avec toutes les mutuelles
C'est la source d'incompréhension la plus fréquente. Hors 100 % Santé, le tiers payant sur la part complémentaire repose sur un accord entre l'opticien et votre mutuelle, le plus souvent via un réseau de soins. Sans cet accord, l'opticien n'a aucun moyen d'être payé directement : il vous demandera donc de régler, puis de vous faire rembourser.
Ce n'est pas une question de bonne volonté ni de taille du magasin. Un excellent opticien indépendant peut ne pas être conventionné avec votre réseau, et un magasin moins bien noté peut l'être. Ces conventionnements évoluent aussi dans le temps — raison pour laquelle nous ne les vérifions pas et les présentons toujours comme déclarés par l'établissement.
Ce qu'il faut apporter
Ce qui peut bloquer le jour J
- Des droits non à jour. Un changement de mutuelle, d'employeur ou de situation non enregistré, et la demande est refusée en ligne.
- Le délai entre deux équipements. Le renouvellement n'est pris en charge qu'au bout d'un certain temps, plus court pour les enfants et en cas d'évolution de la vue.
- Un plafond atteint. Votre contrat prévoit un montant maximal par équipement et par période ; au-delà, le surplus reste à votre charge.
- Un équipement hors panier remboursable. Certaines options — teintes, traitements particuliers — ne sont pas prises en charge du tout.
Opticiens qui déclarent pratiquer le tiers payant
OptiConex indique les établissements qui l'ont renseigné, ainsi que les réseaux dont ils se déclarent partenaires. Une déclaration du magasin, à confirmer par téléphone.
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