Lentilles rigides (LRPG)
Une petite lentille qui ne se déforme pas et rend à la cornée une surface optique régulière : à qui elle s'adresse, comment on s'y habitue, et quand lui préférer une sclérale.
Rédigé et validé par un opticien optométriste en exercice, diplômé d'un master en sciences de la vision. Mise à jour le . Notre méthode
Qu'est-ce qu'une lentille rigide ?
Une lentille rigide perméable aux gaz — LRPG — est une petite lentille qui ne se déforme pas et repose sur la cornée, portée par le film de larmes. C'est ce film piégé entre l'œil et la lentille qui fait tout son intérêt : il comble les irrégularités de la cornée et lui rend une surface optique régulière.
D'où sa réputation de netteté. Là où une lentille souple épouse la cornée — et reproduit donc ses défauts — la rigide les efface. Sur un astigmatisme fort ou irrégulier, l'écart de qualité de vision est franc. Le matériau laisse par ailleurs passer l'oxygène, et les larmes se renouvellent à chaque clignement.
Dans quels cas la propose-t-on ?
Le temps d'accoutumance
C'est le point qui décourage à tort. Une lentille rigide se sent les premiers jours : la paupière passe sur son bord à chaque clignement, ce qui donne une sensation de présence, parfois des larmoiements. Cette gêne s'estompe généralement en une à deux semaines de port régulier — le port irrégulier, lui, fait recommencer l'accoutumance à zéro.
Passé ce cap, la plupart des porteurs ne la sentent plus. Une gêne qui persiste au-delà, ou qui revient après une période confortable, n'est pas normale : elle se signale à l'adaptateur, qui vérifiera la géométrie ou l'état de la lentille.
Comment se passe l'adaptation ?
L'opticien contactologue mesure la cornée, en général par topographie, puis essaie des lentilles d'essai. Il observe à la lampe à fente, avec un colorant, comment le film de larmes se répartit sous la lentille : c'est cette image qui dit si la géométrie est juste. La correction définitive est mesurée ensuite, par surréfraction, la lentille sur l'œil.
Rigide cornéenne ou sclérale : laquelle pour vous ?
Les deux sont rigides et faites du même matériau perméable à l'oxygène. Tout se joue sur le diamètre, donc sur l'endroit où la lentille se pose.
| Rigide cornéenne (LRPG) | Lentille sclérale | |
|---|---|---|
| Diamètre | Environ 9 à 11 mm | Environ 15 à 20 mm |
| Appui | Sur la cornée, portée par le film de larmes | Sur la sclère, le blanc de l'œil |
| Pose et retrait | Simple une fois le geste acquis | Plus technique, avec une ventouse et du sérum |
| Confort au début | Temps d'accoutumance de quelques jours | Immédiat le plus souvent |
| Poussière, vent, sport | Plus sensible : le bord est à découvert | Peu sensible : le bord est sous la paupière |
| Oxygénation de la cornée | Excellente, les larmes se renouvellent à chaque clignement | Bonne, mais sans renouvellement du réservoir |
| Coût et renouvellement | Moins élevé, durée de vie souvent longue | Plus élevé, fabrication sur mesure |
| Indications typiques | Astigmatisme fort, kératocône débutant à modéré, exigence de netteté | Kératocône avancé, greffe de cornée, sécheresse sévère |
La cornéenne est presque toujours essayée en premier : plus simple à poser, moins coûteuse, et elle laisse les larmes se renouveler à chaque clignement. On passe à la sclérale lorsqu'elle ne tient pas centrée, bouge trop, ou reste inconfortable.
Entretien
Une rigide se nettoie chaque soir avec un produit qui lui est spécifique — les solutions pour lentilles souples ne conviennent pas — puis se conserve dans un étui propre. Voir l'entretien des lentilles. L'étui se remplace régulièrement : c'est lui, plus que la lentille, qui est à l'origine des contaminations.
Opticiens contactologues en France
L'adaptation d'une rigide est un savoir-faire : elle demande du matériel de mesure, des boîtes d'essai et de la pratique. OptiConex indique les opticiens dont cette compétence a été vérifiée sur justificatifs.
Voir les opticiens