Protection · France

Les lunettes de protection à la vue

Ce qui distingue une vraie protection oculaire de lunettes ordinaires, comment lire le marquage EN 166, et ce que la loi impose à l'employeur.

Rédigé et validé par un opticien optométriste en exercice, diplômé d'un master en sciences de la vision. Mise à jour le . Notre méthode

Des lunettes de vue ne protègent pas

C'est le malentendu le plus répandu, et le plus coûteux. Une monture de ville avec des verres organiques n'est pas un équipement de protection, même si le matériau paraît solide.

Rien n'y est conçu pour l'impact : la monture ne retient pas le verre en cas de choc, les côtés sont ouverts, et aucun essai normalisé n'a été passé. À l'inverse, un verre de protection est retenu par sa monture, testé à des vitesses définies, et couvre les côtés.

Sur un poste à risque, porter ses lunettes de vue ne vous met pas en conformité et ne vous protège pas. En cas d'accident, ce point est examiné.

La norme EN 166, et ce que disent les inscriptions

EN 166 est la norme européenne des protecteurs oculaires. Tout équipement conforme porte un marquage gravé sur le verre et sur la monture. Il se lit, et il vous dit à quoi l'équipement résiste réellement.

MarquageCe qu'il signifie
Classe optique 1Qualité optique permettant un port continu, toute la journée
Classe optique 2 ou 3Usage intermittent ou bref — fatigue visuelle si porté en continu
SSolidité renforcée
FImpact à faible énergie, projectile à 45 m/s
BImpact à moyenne énergie, 120 m/s
AImpact à haute énergie, 190 m/s
TRésistance conservée aux températures extrêmes

La classe optique est le point que l'on néglige le plus. Un équipement de classe 3 sur un poste occupé huit heures par jour provoque une fatigue visuelle telle que le salarié finit par l'enlever — et ne se protège plus du tout.

Deux façons d'équiper un salarié qui porte des lunettes

Le sur-lunettes
Une protection portée par-dessus les lunettes de vue. Peu coûteuse et immédiate, mais encombrante, souvent buée, et mal tolérée sur une journée entière.
La protection à la vue
Une monture normée montée avec la correction du salarié. Un seul équipement, porté sans réticence — c'est le travail de l'opticien.

Le second choix coûte plus cher à l'achat et revient presque toujours moins cher à l'usage : un équipement confortable est un équipement effectivement porté.

Qui paie ? L'employeur, et gratuitement

Le Code du travail est net. L'employeur évalue les risques (art. L. 4121-3) et fournit les équipements de protection adaptés (art. R. 4321-4). Cette fourniture est gratuite : il ne peut ni retenir une somme sur le salaire, ni demander une caution, ni facturer l'équipement au salarié.

Cela vaut aussi pour la version correctrice lorsque le salarié porte des lunettes : la protection doit être adaptée à la personne, et une protection qu'on ne peut pas porter avec sa correction n'est pas adaptée. En pratique, beaucoup d'entreprises passent un accord avec un opticien local, qui équipe les salariés et facture l'entreprise.

Les métiers les plus concernés

Opticiens qui montent des protections à la vue

Tous les magasins ne travaillent pas les montures normées ni les commandes en entreprise. OptiConex indique ceux dont cette compétence a été vérifiée sur justificatifs.

Voir les opticiens

Questions fréquentes

Mes lunettes de vue suffisent-elles comme protection ?

Non. Une monture de ville n'est pas conçue pour retenir le verre en cas de choc, ne couvre pas les côtés et n'a passé aucun essai normalisé. Elle ne vous met pas en conformité et ne vous protège pas.

L'employeur doit-il payer mes lunettes de protection ?

Oui, et gratuitement. Il fournit les équipements de protection adaptés au risque évalué, sans retenue sur salaire, sans caution et sans facturation au salarié. Cela vaut aussi pour la version correctrice si vous portez des lunettes.

Peut-on mettre ma correction dans des lunettes de sécurité ?

Oui. Il existe des montures normées EN 166 conçues pour recevoir des verres correcteurs. C'est généralement la meilleure solution pour un port quotidien : un seul équipement, porté sans réticence.

Que veulent dire les lettres gravées sur mes lunettes ?

Elles indiquent la résistance : F pour un impact à 45 m/s, B à 120 m/s, A à 190 m/s, S pour une solidité renforcée, T pour les températures extrêmes. Le chiffre de classe optique, lui, dit si l'équipement supporte un port continu — la classe 1 seule le permet.

Des sur-lunettes suffisent-elles ?

Elles dépannent, mais sur une journée entière elles buent, glissent et finissent souvent retirées. Un équipement qu'on enlève ne protège plus : pour un poste occupé en continu, la protection à la vue est plus sûre.

À lire aussi

Trouver un opticien pour une protection à la vue